6 arguments qui plaident pour une reconstruction en bois de la charpente de Notre-Dame

6 arguments qui plaident pour une reconstruction en bois de la charpente de Notre-Dame

1-Conserver l’identité de notre patrimoine

Inscrite dans notre patrimoine, Notre-Dame est chargée d’histoire. La perspective de la voir partir en fumée a fait frémir d’effroi la nation entière, et même au-delà, créant une mobilisation internationale.Et c’est bien la peur de perdre une partie de notre histoire et de notre identité qui nous a émus.

Or, on nous met aujourd’hui devant un paradoxe : alors que tout l’enjeu du lundi 15 Avril a été de préserver notre patrimoine, il nous faudrait aujourd’hui accepter sa transformation rapide et structurelle sans craindre de le voir disparaître un peu plus ?

 

2-Une ressource en bois largement disponible

Le besoin estimé en bois de charpente pour la rénovation de la cathédrale est d’environ 3 000 à 4 000 m3quand la forêt française fournit environ 2 millions de mètres cube de chêne à usage très noble chaque année. On voit donc que la filière bois est tout à fait prête à produire les volumes nécessaires tant en quantité qu’en qualité.

 

3-Un savoir-faire unique

La France est un de ces pays où le savoir-faire des métiers d’art du Moyen-âge, a su se transmettre, de génération en génération, grâce à des filières d’apprentissage d’excellence, comme les Compagnons du Devoir, par exemple.

C’est une chance pour notre pays de disposer de ces compétences. Le drame de Notre-Dame est une occasion unique de mettre en œuvre ces connaissances et ce savoir-faire ancien et préservé.

Certes, nous ne pourrons reproduire à l’identique ce qui a été détruit. Cependant, souhaitons-nous vraiment reconstruire dans la précipitation et pour cela renoncer à la structure authentique de la cathédrale, c’est à dire à abandonner aux décombres une partie d’un patrimoine vieux de près de 900 ans ?

 

4-S’inscrire dans une démarche écologique

Ressource naturelle, renouvelable et abondante sur le territoire européen, le bois est l’un des leviers du projet de développement durable européen, piégeant le COdurant sa croissance. La FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture a publié en 2016 un rapport sur l’utilisation du bois pour répondre au défi du réchauffement climatique[1]. Les conclusions sont claires : l’exploitation du bois et notamment du bois de construction contribue à lutter contre les gaz à effet de serre.

Certains évoquent le titane comme matière alternative pour la rénovation de la cathédrale, matière première non renouvelable, qu’il faudra d’abord extraire (dans des conditions dont l’empreinte carbone est loin d’être neutre) puis transporter (les 3 plus gros producteurs aujourd’hui de titane sont l’Australie, l’Afrique du Sud et le Canada), là encore, au prix d’un bilan carbone déplorable.

A l’heure où la question écologique devrait être au cœur des débats, un choix qui ne favoriserait pas l’utilisation de matériaux issus de l’environnement local pour cette rénovation irait à contresens des enjeux de notre époque.

 

5-Un acteur économique de taille et des financements importants

Nous devrions profiter des financements collectés pour la rénovation de Notre-Dame pour faire tourner notre économie et valoriser notre savoir-faire français.

Rappelons qu’aujourd’hui, la France est la quatrième nation forestière de l’Union européenne en superficie. 

La filière forêt-bois représente[2]:

  • 60 000 entreprises dont une majorité́ de PME
  • Environ 440 000 emplois directs et indirects
  • 53 milliards d’euros de chiffre d’affaires
  • 24,7 milliards d’euros de valeur ajoutée

La filière bois est un acteur économique important, qui a les capacités de se mobiliser pour intervenir sur le chantier de reconstruction de la cathédrale.

 

6-En faire un défi au profit de la filière bois et accélérer sa modernisation

« Le bois est une filière que nous devons développer en France » soulignait, à juste titre, le Président de la République en avril 2018.

N’est-ce pas aujourd’hui une opportunité de mettre cette volonté en pratique et de  favoriser le développement de la filière bois ?

N’est-ce pas l’occasion pour cette filière, de se moderniser, grâce à ce chantier à la fois immense et délicat, qui va nécessiter une excellente coordination des différents acteurs, si elle veut prouver sa capacité à intervenir dans des délais particulièrement ambitieux ?

Mobilisons-nous pour faire de ce chantier emblématique un défi pour notre filière et une opportunité pour encore mieux la faire connaître auprès du grand public !

 

Aude Michel, fondatrice de Treenox

Contact : Aude Michel – Treenox : contact@treenox.com

www.treenox.com

 

[1]Forestry for a low carbon future, FAO (Voir le rapport)

[2]Contrat stratégique de la filière bois 2018-2022 (Voir le rapport)

Crédit photo : Bernard Hasquenoph